Archives de catégorie : Sciences sociales

How to change the world (but the one of others)

Two years ago I had written a post (in French) on Coursera’s class How to change the world from Michael S. Roth (Wesleyan University); this review is a bit late, but I wanted to clarify what I am thinking of this course. I was really enthusiastic about this course after reading the outline and watching the first videos. But I have quickly started to be disappointed during week 2, and I finally stopped enrolling in this course (this is the only course I have quit for another reason than lacking time). It was simply too much disgusting to listen to the arguments and propositions to « help » developing countries; this just looked like a modern colonialist and paternalist discourse. The course ran only a second time at the end of 2014, but I feel that this review is still necessary because other courses like this could appear, and such point of views seem well spreaded.

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Coursera – Philosophy and the Sciences

I just finished to follow Coursera’s course Philosophy and the Sciences by Prof. M. Massimi and collaborators (from the University of Edinburgh). They already presented an Introduction to Philosophy which was very interesting. This course was split in two parts, one on cosmology and another on cognition. While the latter was rich and contained many interesting thoughts – on embodied cognition, evolutionary psychology and the nature of the mind –, the second was quite disappointing, mainly because it was not accurate and was proponent of the theory of the multiverse as the « best » solution to the value of the cosmological constant (and to other problems). The argument does as the following: all possible universes with all possible values of parameters exist, and we happen to be in the one that allows our existence – end of the story. I will just quote the conclusion of [1] which expresses perfectly my feeling: “Personally I feel the urge to wash my hands after having been in touch with these kinds of arguments. I prefer my principles trivially true.” Continuer la lecture

Pseudoscience et mégalomanie en psychanalyse

Ces derniers temps j’ai commencé à me pencher sur l’œuvre de Sándor Ferenczi, un des premiers psychanalystes. Je le présente plus en détails dans la suite, car le personnage ne constitue pas le sujet de ce billet, mais plutôt la dérive de la psychanalyse vers la mégalomanie et les pseudos-sciences. Ainsi les préfaces de deux de ses livres (Thalassa, Transfert et introjection) [1, 2] m’ont choqué par les propositions faites sur le développement de la psychanalyse, et j’en profite pour étendre ma discussion sur l’extension des méthodes psychanalytiques à des champs où elles n’ont rien à faire, et par leur manque de rigueur et de méthode scientifique (malgré ce qu’en disent les auteurs), en me référant à ces mêmes livres, mais aussi à Freud [3]. Continuer la lecture

Remodeler son cerveau : bouddhisme et neurosciences

Le cerveau de Bouddha (Pocket, 2013) – écrit par Rick Hanson et Richard Mendius – est certainement l’un des livres les plus intéressants que j’ai lu ces derniers temps. Dans ce livre, les auteurs montrent comment remodeler son cerveau grâce à différents exercices, nombre d’entre eux s’inspirant du bouddhisme (on peut parler de sciences contemplatives). Leur efficacité est mise en contexte et expliquée à partir de la psychologie évolutionniste et des neurosciences (entre autres grâce aux récents progrès en neuroimaginerie). Coursera propose en ce moment un cours dont le sujet est très similaire : Buddhism and Modern Psychology, par Robert Wright (Princeton). Continuer la lecture

Comment changer le monde

La semaine dernière, l’un des cours les plus excitants du semestre vient de commencer sur Coursera : How to change the world? (Comment changer le monde ?). Son objectif est de fournir des pistes de réflexions et des outils à ceux qui souhaitent orienter nos sociétés vers une meilleure direction. En effet, même des changements locaux peuvent s’additionner pour produire de grands effets si un nombre suffisant de personnes joignent leurs efforts (via entre autres l’influence sociale normative, qui consiste à « montrer » quel est le comportement normal attendu). Continuer la lecture

Trop intelligent pour être heureux

Depuis des années j’entends parler du livre Trop intelligent pour être heureux de Jeanne Siaud-Facchin (JSF) [1] – en effet il s’agit d’un des livres de référence dans le milieu « surdoué » (ce terme n’est pas mon préféré, mais je l’utiliserai en attendant) – mais je n’ai jamais pris le temps de le lire jusqu’à maintenant. JSF est une psychologue particulièrement reconnue pour son travail avec les enfants surdoués, mais elle s’est aussi intéressée aux adultes : ce livre est le témoignage des pistes qu’elle a explorées. En quelques mots un surdoué est une personne présentant une intelligence (ou plus généralement mode de fonctionnement cognitif) qualitativement différente de la « norme » : cela se traduira en général par un score de QI élevé, par une manière différente d’aborder les problèmes et par un traitement plus rapide de l’information. Le principal objectif de ce livre est de démontrer que les surdoués n’ont pas (nécessairement) une vie parfaite, car l’intelligence n’est pas simplement un superpouvoir fantastique qui octroie de nombreux avantages : elle apporte aussi son lot d’inconvénients – inadaptation sociale, grande sensibilité, manque de confiance, sentiment d’être étranger… Continuer la lecture

La Zone du Dehors – « Souriez vous êtes gérés »

La Zone du Dehors est un roman d’anticipation d’Alain Damasio. J’ai connu cet auteur il y a quelques années lorsqu’on m’a offert son autre livre, la Horde du Contrevent (fantasy) ; il est rare de trouver un livre avec une telle force, une telle majesté que l’on ne peut plus se décrocher de la lecture, pendant laquelle on sent son âme se retourner. Damasio possède un style très particulier, plein de vie et incroyablement varié : dans ses œuvres plusieurs personnages font le narrateur tour à tour, et chacun possède son propre style (surtout dans la Horde). Le récit ne s’essouffle jamais et se trouve parsemé de réflexions philosophiques. La Zone du Dehors s’inscrit dans la lignée de 1984 et du Meilleur des mondes, présentant au lecteur une société si démocratique que toute nuance et toute vie s’est effacée. Continuer la lecture

De la différence entre le polythéisme et le monothéisme

Dans la semaine 10 de son cours sur l’histoire de l’humanité, Y. Harari s’intéresse à l’histoire de la religion et plus particulièrement à la différence entre le polythéisme et le monothéisme. Après deux mille ans de domination judéo-islamo-chrétienne, nous avons été habitués à considérer les religions polythéistes anciennes (par exemple grecque, romaine, nordique, hindouiste…) comme des croyances naïves dignes de l’enfance de l’humanité. Cette vision montre un monde peuplé de Dieux et d’autres entités d’essence divine ou magique (comme les nymphes, les fées, les démons, etc.), chacune ayant certaines attributions et plus ou moins de pouvoirs. Continuer la lecture

Essais psychanalytiques de Freud

Voilà que je viens de finir tous les essais psychanalytiques de Freud dont je disposais chez moi [1–9], après un an et demi de lectures ponctuelles. Dans cet article je ne m’attarderai pas à décrire la pensée de Freud, largement documentée dans la littérature et sur internet (ainsi que dans les croyances populaires…) : je me contenterai de quelques remarques et réflexions sur ces divers écrits. Continuer la lecture

Théorie de la connaissance et problème de Gettier

La deuxième semaine du cours d’introduction à la philosophie sur Coursera était consacrée à la théorie de la connaissance. L’objectif de cette dernière est de déterminer quand est-ce qu’un individu connaît qu’un énoncé (ou proposition) P est vrai, c’est-à-dire qu’il peut dire « je connais P » ou « je sais que P est vrai ». Le paradigme usuel définit une connaissance comme étant une « croyance vraie justifiée », i.e. quelque chose qui est vrai, auquel je crois et pour lequel je suis capable d’expliquer pourquoi j’y crois. Cette définition apparaît déjà dans le Théétète de Platon et elle aura tenu jusqu’au siècle dernier : en 1963 Edmung Gettier publia un papier fournissant toute une classe de contres-exemples, et aucune réponse satisfaisante n’a été apportée depuis [1]. Continuer la lecture